VOL A VOILE

(avisglider@gmail.com / @AVISGlider sur le réseau social Facebook)

Un nouveau monoplace de haute performance de classe standard en matériaux composites est en gestation depuis plusieurs mois en Roumanie. La jeune équipe de Avis Gliders avec des moyens limités proportionnels à la situation économique du pays, est gouvernée par un pilote de planeur, instructeur, et titulaire d’un master en ingénierie aéronautique. Son ambition est de pouvoir relancer la production de planeurs en Roumanie, sachant qu’a une époque pas si lointaine lointaine, IAR produisait aussi des planeurs, métalliques pour la plupart, comme le biplace IS-28 B2 « Lark » dont un exemplaire au moins est encore immatriculés en France.

IAR, l’industrie aéronautique roumaine
Se targuant déjà d’une brève mais conséquente tradition d’avant 1914, le développement de l’aviation roumaine commence alors à bénéficier du soutien actif de l’Etat. En effet, suite aux découvertes d’inventeurs tels Traian Vuia, Aurel Vlaicu, Henri Coandă, ou Gogu Constantinescu, l’Etat roumain comprend tout le bénéfice qu’il peut tirer du contexte, prend le relais et investit massivement dans la construction d’une véritable industrie nationale d’aviation, aussi bien civile que, surtout, militaire. Et c’est dans ce contexte qu’est née la plus importante société roumaine de construction d’aéronefs, intitulée « L’Industrie aéronautique roumaine » – IAR (Industria Aeronautică Română), fondée à Brasov en 1925 et devenue propriété de l’Etat roumain en 1938. La motivation principale était surtout une ambition de réduire sa dépendance à l’égard des sociétés étrangères pour l’approvisionnement de l’armée de l’air royale roumaine en avions et en équipements connexes. Dans son histoire d’une vingtaine d’années, depuis sa création et jusqu’en 1944, IAR a fabriqué pas moins de 19 modèles d’avions et 9 modèles de moteurs, sous licences française, allemande et italienne. Pour l’époque, l’IAR est décrite comme un petit chef d’oeuvre en matière d’organisation du travail, un bijou technologique sachant qu’au début de la guerre, les moteurs d’avions fabriqués à Braşov rencontraient les exigences les plus pointues en la matière, et la guerre n’a fait qu’amplifier cette recherche de la performance. Mais les usines IAR n’ont pas été épargnées par les bombardements alliés. Le 6 juillet 1944, la capacité de production de l’usine a été ainsi totalement annihilée. Après 1944, pourtant, l’IAR se reconvertit dans la construction d’avions de petites dimensions, utilisés surtout par les écoles de pilotage, ou encore dans la construction d’hélicoptères. Après la chute du communisme survenue en 1989, et en dépit de ses nombreux atouts et de sa longue histoire industrielle, l’entreprise tarde toujours à trouver résolument sa voie. Devenue Eurocopter Roumanie suite à une alliance avec ce qui est aujourd’hui Airbus hélicoptère, IAR se concentre sur la production sous licence de l’hélicoptère H215 Super Puma et à l’entretien des aéronefs, y compris pour l’aviation légère. Quelques planeurs et motoplaneurs ont émergé de la société IAR utilisant la nomenclature « IS » en référence à l’ingénieur de IAR Iosif Silimon, tous métalliques et ayant pour dénominations IS-28 B2 (biplace en tandem), IS-28 M2 (motoplaneur biplace cote à cote) ou encore IS-29 (une famille de monoplaces en plusieurs versions d’envergures). Le petit dernier sera l’IAR-35, un monoplace de haute voltige qui effectua son premier vol en mai 1986 et produit par les usines « Întreprinderea de Construcții Aeronautice Românești » (ICAR).

Un planeur moderne tout composite
L’absence de toute activité d’IAR en relation avec les planeurs ou motoplaneurs conforte et motive l’équipe de Avis Gliders qu’ils sont sur le bon chemin, surtout qu’ils aspirent aussi à rendre leurs lettres de noblesse à cette activité passionnante qui devrait attirer un plus grand nombre de jeunes… Il y a une dose d’idéalisme, certes, mais située dans la partie orientale de la chaîne des Carpates et au nord-est des Balkans, la Roumanie occupe la plus grande partie du bassin inférieur du Danube et les régions montagneuses du bassin moyen du même fleuve avec un potentiel aérologique intéressant pour la pratique du pilotage de planeurs. Les clubs locaux n’ayant que peu de moyens pour s’offrir des machines performantes, même de seconde mains, Avis Gliders compte bien mettre sur le marché une machine locale à la portée des bourses de ces clubs devant renouveler leur parc machines. Cette machine doit donc être simple, d’où un monoplace de 15 mètres sans volets de courbure, mais avec les performances des planeurs du moment. Le projet avance, le fuselage du prototype est terminé, après lui avoir apporté quelques modifications de manière à pouvoir utiliser la forme de la verrière Mecaplex de l’ASW-20 (ou du Pégase puisqu’elles sont identiques). En effet, ils se sont rendu compte que le développement d’une nouvelle verrière entrainerait des couts qu’ils ont préféré consacrer à l’affinement de l’aérodynamisme du planeur baptisé Avis1, au niveau des profils d’ailes principalement. Les écoles techniques locales sont mises à contribution pour modéliser la machine et ces derniers dix-huit mois placés sous le signe de la pandémie Covid-19 ont particulièrement été mise à profit pour les simulations et autres calculs indispensable à obtenir une polaire de vitesse performante. La machine sera à aile haute, une tendance aérodynamique que l’on observe depuis l’arrivée du JS-1 de Jonker Sailplanes, ce même si ce n’est pas nouveau. A titre d’exemple, il y a plus de 50 ans, l’ASW-15 de Schleicher avait déjà cette configuration. L’aile aura bien évidemment des Winglets, peut-être même double si l’on en juge la configuration actuelle. Les performances devraient se situer entre celles du Discus 2 de Schempp-Hirth et du JS-4 de Jonker Sailplanes que tout le monde voit déjà comme le futur classe standard de référence. Bien évidemment, l’Avis1 compte bien arriver à de meilleures performances, affaire à suivre donc comme on dit sachant que ce type d’initiatives sont très souvent liée à la capacité de boucler le financement nécessaire, et la certification éventuelle qui comme on le sait d’expérience n’est pas gratis…

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